Ces trois gravures fascinantes issues du journal hebdomadaire L'Illustration (1887) témoignent de l'ambiance et des figures typiques d'un Tir fédéral suisse.
Au XIXe siècle, ces grandes fêtes de tir étaient des événements culturels et politiques majeurs en Suisse. Elles célébraient l'unité nationale, le civisme et le mythe du citoyen-soldat.
Voici le décryptage de chaque scène :
1. Tir Fédéral-Un Les dernières cartouches L'illustration 1887
La scène : Un tireur, l'air grave et concentré, est penché sur son poste de tir, manipulant avec soin son fusil alors qu'il s'apprête à tirer ses derniers coups.
La signification : Le titre « Les dernières cartouches » est un clin d'œil humoristique mais dramatique à un tableau patriotique français extrêmement célèbre à l'époque, peint par Alphonse de Neuville en 1873 (évoquant la guerre de 1870). Ici, l'artiste transpose cette intensité dramatique militaire sur un tireur civil en fin de compétition.
Artistes : Dessiné par Eugène Burnand (célèbre peintre et illustrateur vaudois) et gravé par Thiriart.
2. Tir Fédéral-Un habitué des tirs internationaux L'illustration 1887
La scène : Un homme barbu, d'allure décontractée, est assis de biais sur un banc en bois. Derrière lui est posée une chope de bière. Son chapeau est orné de ce qui semble être des cibles miniatures, des tickets ou des insignes festifs.
La signification : Cette œuvre illustre le côté festif et social des tirs fédéraux. Ce personnage est un « habitué », un vétéran qui parcourt les compétitions autant pour la camaraderie, le folklore et la bière que pour l'amour de la précision.
3. Tir Fédéral-Tireur campagnard vaudois L'illustration 1887
La scène : Un tireur à l'allure rustique, solidement ancré sur ses jambes, vise avec son long fusil depuis l'intérieur d'un stand de tir en bois.
La signification : C'est l'incarnation parfaite du mythe helvétique : le campagnard, homme de la terre, qui maîtrise le maniement des armes pour la défense de sa patrie. Il ne s'agit pas d'un bourgeois urbain ou d'un militaire de carrière, mais d'un citoyen ordinaire venu représenter fièrement son canton (Vaud).
Artistes : Également dessiné par Eugène Burnand et gravé par Thiriart.
Contexte de l'époque
L'Illustration envoyait régulièrement des artistes à travers l'Europe pour croquer sur le vif des scènes de mœurs et de grands événements populaires. Eugène Burnand, lui-même suisse, était le candidat idéal pour capturer avec réalisme, rigueur technique et une pointe d'ironie l'âme de ses compatriotes lors de ces rassemblements.
La forme actuelle est le "tir fédéral en campagne" (https://www.swissshooting.ch/fr/wettkaempfe/eidgenoessisches-feldschiessen/)